Little Miss Shy

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le 08/05/2007 à 22h25

          Je ne sais par où commencer… Peut être par là : le 03/09/2006 à 19h47 : date et heure de mon dernier article. « Et alors ? » Aucun ajout ? Manque de temps ? Manque d’inspiration ? Désintérêt ? Lassitude ? Un peu tout ça à la fois je dirais… Manque de VIE avant tout.

         

         Qu’est ce qu’un blog ? « Site Web personnel sur lequel un internaute tient une chronique personnelle ou consacrée à un sujet particulier. SYN : weblog ». Voilà en quelques mots ce que nous dit le Petit Larousse illustré de 2006. Ce qu’il ne nous dit pas en revanche, c’est que nombreux sont les blogs qui ne sont que de vulgaires galeries de photos. Ouais vulgaire, je ne sais pas si c’est le mot juste mais c’est le seul qui me vient à l’esprit pour le moment. Une galerie de photos… Ce n’est intéressant que pour les personnes qui se reconnaissent ou ayant un proche, une connaissance, sur les photos en question… C’est toujours ce que j’ai voulu éviter. Ne le prends pas mal, si toi qui me lies, tu es le propriétaire de ce que j’appelle une « vulgaire galerie d’images ». Je te rassure, j’aime ça aussi, quand, comme je l’ai dit, j’y découvre des personnes qui me sont chères, que je connais, que j’ai connu…Oui c’est vrai, j’ai mis quelques photos mais cela n’est pas dominant.

         

          Je crois que je voulais avant tout quelque chose de personnel… quelque chose qui me ressemble. Ai-je réussi ? Je ne sais pas… Je qualifierai mon blog de «patchwork», ni galerie de photos, ni journal intime. Nan, patchwork. Mais de quoi ? Bah de tout justement, de citations, de critiques de cinéma, d’anniversaires, de photos et j’en passe. Est-ce que ÇA c’est censé me représenter ? Je voulais quelque chose de personnel… Timide par nature, même si au premier abord on en a pas l’impression parfois, je m’exprime mieux à l’écrit qu’à l’oral. Quoique là je ne sois pas sûre de me faire bien comprendre… les idées se bousculent dans ma tête. Je n’ai pas écrit sur moi depuis trop longtemps… A dévoiler mon identité, mon visage, mes « amies », je n’ai pas dévoilé l’essentiel. C’est si facile de rester dans le superflu… Je « balance » des citations, des photos, des livres, des films que j’aime, et j’espère que l’internaute qui me lie a un grand chaudron et une grosse cuillère pour remuer tout ça et aboutir à MOI. Ouais, MOI. Mais MOI exactement c’est quoi ? En rapide je dirais Assya ****, sexe féminin, 16ans, lycéenne en 1ère L, ayant 2 parents et 2 sœurs de 19 et 33 ans, « déterminée, têtue, sympa malgré tout ». Voilà, et avec ça cher internaute, va deviner qui je suis

        

          Ce que tu ne sais pas c’est que j’e m’ennuie, je m’ennuie de tout. J’en ai marre du lycée, de ma maison et de moi, encore et toujours. MOI, MOI, MOI. Narcissique ? Peut-être, comme tout le monde à un moment de sa vie, je pense. On veut créer son bonheur avant tout. C’est là que tout devient intéressant, le long processus au court duquel tu vas commencer à t’affirmer, à t’assumer. Généralement ça ce fait à l’adolescence, plus tard pour d’autres. Pratiquement tout le monde a ça petite « crise » et déclare en avoir marre de tout. Bah voilà, c’est mon tour, tu peux très bien passer ton chemin, après tout, c’est si commun comme réaction. Ou tu peux rester, croire que je suis différente, que même si je ressemble à beaucoup d’adolescentes, j’ai cependant, une identité qui m’est propre, un caractère, une personnalité. Une personnalité qui ne demande qu’à évoluer. C’est ce que j’espère de moi même, ne pas être la copie conforme de toutes ces adolescentes de France ou du monde entier. Dur pour l’ego hein ? Ouais assez… Mais en même temps pas vraiment, je veux rentrer dans le moule et à la fois en sortir, le briser… Mais comment ? C’est toujours ça la question. Certains vont fuguer, changer d’apparence (piercings, tatouages…)… rompre avec ce qu’il était avant en changeant du tout au tout, d’autres vont pousser un gros coup de gueule en espérant faire passer le message, d’autres encore vont se démarquer au fur et à mesure. Et j’oublie tellement de façons de se différencier.

         

          J’en reviens à moi, bah oui hein, après tout c’est moi qui écris, c’est mon « blog »… T’auras sûrement remarquer, si tu es assez malin, qu’en cherchant à être sincère et vraie, bref tout le baratin habituel quoi, je me suis encore survolée, je me suis comparée aux autres. C’est ce que je fais tout le temps, comme une maladie, la maladie de la personne mal dans sa peau dans mon cas, ou égocentrique qui cherche à être au dessus du tas, dans l’autre. Je me sens vide, superficielle, grosse, jalouse, pas assez intelligente, pas assez jolie, pas assez bonne danseuse, compétitive mais pas assez studieuse, pas assez amicale non plus. Pas assez fraternelle, englobée dans ma petite bulle. PEUREUSE… J’ai peur…Peur des relations, quelles soit familiales, amicales ou amoureuses. J’ai peur de « l’autre ». Pathétique non ? Déterminée à changer, à ne plus être aussi timide mais trop idiote pour agir, affronter « le monde », mes résolutions ne dépassent jamais le stade de la pensée. Ne vas pas croire que j’écris pour changer, pour me révéler. Dire « c’est fini, tu te secoues, tu t’assumes, tu laisses les gens t’approcher, et tu vas vers les autres aussi. » Nan, ce serait trop facile. Facile… Bah nan justement. Ce serait trop dur, et au fur et à mesure que j’écris ce qui est censé devenir « le nouvel article de mon blog qui va me révéler un peu », je me demande si je vais oser le publier. Allez quoi, ça ne va pas te faire de mal non ? Après tout qu’est ce que tu dis là dedans ? que t’as peur… et après hein ? T’as peur aussi des réactions ? Tu ne veux pas lire les quelques commentaires de personnes assez courageuses ou qui n’ont rien eu d’autres à faire que de lire cet « article » insipide, écrit dans Microsoft Word, qui s’éternise sur plus d’une page ? Au pire on te dira que en effet, tu es pathétique et superficielle, mais qu’est ce que ça va changer ? Tu n’as pas l’impression de l’être déjà ? Alors bon, le « regard des autres »… il va pas te rendre plus timide que tu ne l’ai. Au mieux, tu auras le récit de l’expérience de tant d’autres sur l’affirmation de leur personnalité. Parce que tu espères en avoir des commentaires hein ? AVOUE. C’est pour ça que dès ce baratin fini, tu ne vas pas t’empêcher de filer droit vers le téléphone pour demander un crédit « VIP » pour que ton putain d’article fasse la une de Lexode. Si c’est pas un besoin de reconnaissance ça… Alors c’est plus moi, c’est plus toi, assise devant ton ordinateur, dans ton salon, qui parle de tout et de rien.

         

          Hé mais di donc… faudrait peut-être songer à finir là nan, tu crois pas ? Parce que moi je te dis que tu perds des lecteurs à chacune des phrases que tu écris. Allez, qu’est ce que tu as encore à dire de toute façon ? Rien de bien intéressant. Allez, va faire ton commentaire de français, t’attends que ça… arrête de dire que t’es malade et donc que t’as pas les idées claires, que tu peux pas te concentrer. T’as quoi en plus ? Une petite grippe. La bonne affaire ! Chochotte va ! En plus tu viens pas de te qualifier de « désespérée lucide » ? Allez, comme le dit ta mère, « il est déjà 18 heures, si tu veux bosser et maintenir ta bonne moyenne… » Allez, c’est vrai que c’est l’une des seules choses qui t’importe ta moyenne, comme tu le dis, le seul milieu où tu peux espérer atteindre le sommet ! Ouais ! Chochotte pathétique pas même foutue de s’affirmer. Alors tu termines hein ? Oui ? C’est décidé ? BANCO, génial ! Mais attention, hein ! Soigne bien ta fin ! C’est que ce que l’on retient, le début à la rigueur, mais surtout, la fin, jamais le milieu, en plus je suis sûre que y en a plein qui en on sauté des lignes ! Bah oui ! Qu’est ce que tu crois ? Tu ferais mieux d’enlever le milieu ! Radical, mais utile ! Allez je te la donne moi ta fin, ouais je sais que tu n’es pas suicidaire, mais t’aimes les citations alors voilà :


L'adolescence est le temps où il faut choisir entre vivre et mourir.
(Hafid Aggoune)


Attends ! j’ai aussi celle là, elle te caractérise bien je trouve :


Quiconque a peur de la vie court aveuglément vers sa propre mort.
(Thomas Browne)


P.S : Oh non ! Pas encore hein ?! Fais pas éterniser ce post-scriptum s’il te plait ! Aie pitié de nous ! Allez, dis juste, çà, aux anciens lecteurs : plusieurs articles ont été supprimés car ils ne me correspondaient plus où que je ne voulait plus qu’il me corresponde. Voilà, et tu as, ou plutôt J’AI fini.

Jeux d'enfants

le 03/09/2006 à 19h47

Jeux denfant

 

 

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Une vie entière pour se dire "je t'aime". 80 ans pour démarrer une histoire d'amour. Et tout ça à cause d'un jeu. Ou peut-être grâce à un jeu.
Sophie et Julien ont défini les règles du jeu. Ils en sont, pour le restant de leurs vies, les arbitres et souvent les victimes. "Cap ou pas cap ?" "Cap ! Bien sûr ! " Ils sont cap de tout : du meilleur comme du pire. Bafouer tous les tabous, défier tous les interdits, braver toutes les autorités, rire, se faire mal. Cap de tout !? sauf, peut-être de s'avouer qu'ils s'aiment.
Ce jeu commence avec un pari innocent : un pari afin d'oublier que Maman est gravement malade, afin d'oublier quand toute la classe te traite de sale polak. Et quelques paris plus tard, le jeu devient ce qu'il y a de plus beau, de plus fort dans la vie des deux enfants.
Ils jouent, ils s'aiment ? Le jeu, l'amour ? L'amour, le jeu : finalement c'est tellement plus simple d'être ami. Et ainsi la vie passe, le jeu reste, de plus en plus intense, comme la passion. Et chaque fois qu'ils se répondent "Cap !", ils se disent "Je t'aime plus que ma propre vie". "Plus que ma propre vie ?"
"Cap !" 

 

 

 

Certains diront que c’est une pale copie du Fabuleux destin d’Amélie Poulain. Ces personnes ont tord. Ce film apporte beaucoup de fraîcheur au cinéma français et émerveille. C’est l’un de mes préférés : L’histoire est merveilleusement belle, touchante et novatrice, les acteurs sont talentueux, charismatiques et la mise en scène originale. Un véritable enchantement. Plus qu’une “simple histoire d’amour” ce film est aussi un hymne à l’enfance avec ses joies et ses peines, et tous ses problèmes de grandes personnes que l’on ne comprend pas toujours. Ces problèmes, dévastateurs poussant ces adorables enfants à grandir plus vite. Mais voilà, l’innocence est toujours là et le plaisir demeure lorsque l’on à côté de soi quelqu’un pour nous redonner le sourire aux lèvres grâce à un jeu universel : 

"Cap ou pas cap ?".

 

Plic Ploc

le 30/06/2006 à 15h43




« Qu’est ce qu’un spectacle du cirque plume ?

Le spectacle de cirque est un spectacle vivant.
Le spectacle du Cirque Plume est fait par des vivants pour des vivants ;
Il est joyeux, coloré, profond, poétique, sale, brouillon, précis, il est comme la vie.
Il se nourrit d'un échange entre une bande d'humains debout sur des planches, en vol sur des cordes, en sauts périlleux sur des vélos, en souffle sur des rayons de lumière, en invention sur des musiques, en équilibre sur des plumes, et une autre bande d'humains assis sur des planches, debout dans leur tête, en vol dans leur cœur, en souffle avec d'autres, en invention sur des images, en équilibre sur un frêle poème qui surgit du fond des temps depuis que des primates à pouce opposables se réunissent en cercle pour chanter jouer danser dire montrer leur stupéfaction d'être et essayer de comprendre une étincelle de ce mystère.
Notre spécificité c'est la fragilité, l'échange, et ce désir du fond des temps, cette nostalgie d'idéal disait Andreï Tarkovski.
Le cirque est un poème en acte. A partager. »

Bernard Kudlak







« Quand une goutte d'eau tombe, on met une gamelle dessous pour ne pas tout mouiller… Et une goutte qui tombe dans une gamelle, ça fait une note de musique. Plic !
Et plein de gouttes… plein de notes. 
plic ploc !
Plus, c'est une fuite…
Alors le spectacle fuit et les artistes improvisent, dans les gouttes, les cataractes, les jets, les jeux, les bleus… à l'âme et aux genoux.
Et en couleurs, en musiques, en équilibres, en parapluie, en amour à la plage, en champs de métronomes, en chants de femmes, en joies d'hommes…
En acrobaties, en contorsion d'eaux dormantes, en bâche immobile, en planche à bascule, en saut d'échelle, en saut périlleux, en tuyau et en serpillière, éléments récurant et récurrents de ce spectacle immergé.
En cirque plume. En temps réel.
Temps qui passe et temps qu'il fait.
"
plic ploc" ! »

 

Bernard Kudlak







Ma critique : 

 

Une joyeuse troupe dans un monde féerique où tout est danse, fête et émotions.

Une ode à la vie qui apporte un second souffle à l’existence, une renaissance, un émerveillement total.

On ne peut rester insensible face à tant de grâce, de beauté et de légèreté.

Comme une alternance entre l’automne, le printemps et l’été, Plic Ploc fascine.



       



« On rêve. On s'amuse aussi quand un duo réinvente à sa manière le couple du clown blanc et de l'Auguste, ou qu'une main, puis une femme s'échappent du cornet d'un tuba. L'absurde est là. L'humour et l'ironie aussi. Mais plus encore la poésie. Chaude, prégnante. Fondé il y a vingt ans par une bande de « cogne-trottoirs » autodidactes (dont Bernard Kudlak, son directeur), le Cirque Plume a conservé sa fraîcheur intacte. La grâce de l'émotion pure. »

→ Jeux d'eau sous chapiteau  de Didier Méreuze dans La Croix du 7 novembre 2005








« Enfance et poésie ! Que l’une est éphémère, et que l’autre est trompeuse ! L'enfance est un papillon qui se hâte de brûler ses blanches ailes aux flammes de la jeunesse, et la poésie est semblable à l’amandier : ses fleurs sont parfumées et ses fruits sont amers. »

 Louis dit Aloysius Bertrand (1807-1841)





 

Site internet du Cirque Plume

Kazahana

le 29/06/2006 à 23h32

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle rubrique : la rubrique spectacles. Je ferais donc les critiques de tous les spectacles (danse, théatre, concert…) que j’ai vu ou auquel j’ai participé.

Kazahana


Compagnie Karas
Saburo Teshigawara

 
« Avec les mots "kaze", le vent, et "hana", la fleur, Saburo Teshigawara livre, comme une énigme, l'esprit de sa nouvelle création : à la fois air et souffle, beauté et nature. L'attention profonde que le chorégraphe porte aux rapports du corps avec son environnement, ce "jeu avec l'air", engendre une danse du mouvement et de la sensation : fluidité du geste, beauté de la lumière, légèreté et puissance d'une danse qui allie dans une harmonie évidente les corps et leur environnement. Tantôt calme, tantôt secouée de spasmes, la beauté selon Saburo Teshigawara n'est jamais linéaire ».

→ Théatre de Caen

 

 

 


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MA CRITIQUE : Des chorégraphies merveilleuses et des musiques étonnantes, parfois trop : une des musiques en particulier était assez stridente et finissait par casser les oreilles ce qui n’est pas ce à quoi on s’attendait. Un peu de longueur dans une des scènes où les mouvements sont ralentis pendant une trop longue durée selon moi. Mais le spectacles reste cependant sublime, on ne peut rester insensible face à tant de coordination, de mise en scène et de jeu de lumières d’une beauté rare.





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« La danse est sculpture de l’air, sculpture de l’espace, sculpture du temps… supposons un corps, puis un autre. Entre eux, il y a l’air. Ce qu’on voit dans l’air, la plus neuve et pourtant la plus ancienne des matières, telle est la question. Pour moi danser c’est jouer avec l’air. C’est ressentir le corps comme l’air et l’air comme le corps. La danse ne se réduit pas aux mouvements corporels, elle englobe également les mouvements de la conscience et ceux des sens. Les mouvements visibles du corps sont sous-tendus par des forces invisibles : celle de la sensation »

Saburo Teshigawara

 

 

En prime, une magnifique citation : Une danse est un poème.

Denis Diderot

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part
d’Anna Gavalda


"Les personnages de ces douze nouvelles sont pleins d'espoirs futiles, ou de désespoir grave. Ils ne cherchent pas à changer le monde. Quoi qu'il leur arrive, ils n'ont rien à prouver. Ils ne sont pas héroïques. Simplement humains. On les croise tous les jours sans leur prêter attention, sans se rendre compte de la charge d'émotion qu'ils transportent et que révèle tout à coup la plume si juste d'Anna Gavalda. En pointant sur eux ce projecteur, elle éclaire par ricochet nos propres existences. "


Le premier livre d’Anna Gavalda ? Splendide ! Comment d’écrire avec plus de justesse les aléas de la vie ? La vie, tout simplement. La vie, avec ses sentiments, ses émotions, ses petites joies ou ses grandes peines. On partage ainsi les espoirs, désespoirs ou déboires de ses personnages, de ces inconnus, de tous ses passants que l’on rencontre dans la rue, tellement vrais : pleins de qualités ou de défauts. Tellement HUMAINS.

Ce livre n’est pas un coup de chance pour Anna Gavalda, il est le témoin de son incontestable talent à révéler l’intimité de chaque être humain. Talent présent également dans son premier roman : Je l’aimais.

Je suis né aujourd’hui au lever du jour
de Jorge Bucay



Attention, ce tien ici un des plus beaux livres que j’ai jamais lus. Ne passez pas à côté. Ce recueil de contes est une véritable bouffée d’air, un hymne à la vie. Jorge Bucay nous offre ici une œuvre de qualité et décris la vie sous un nouveau regard. Grâce à de fabuleux contes ou histoires, il nous éclaire sur les émotions et les sentiments humains, sur leurs attitudes, leur façon d’être… Ainsi par la justesse et la beauté de ses mots, l’auteur nous touche parce ce que d’une certaine façon, il conte de manière détournée NOTRE histoire, une histoire réelle, celle de quelqu’un qui nous est proche ou que nous ne connaissons pas et évoque des vérités universelles, mais oubliées. Ce livre, cette bouffée d’humanité, nous donne l’impression de partager la vie des uns des autres, celle de milliers d’anonymes, il nous rapproche et nous dit une fois encore que nous sommes tous frères, tous égaux face aux atrocités de la vie mais surtout face à ses plus grandes joies, nous ressentons tous les mêmes peines, les mêmes espoirs ou désespoirs, les mêmes bonheurs, seul l’origine de ses émotions diffère mais est-ce une raison suffisante pour ne pas les partager ?



« Les contes aident les enfants à s’endormir et les adultes à se réveiller. »
Jorge Bucay


Ci dessous, 3 textes de ce merveilleux livre.

 



Le chercheur


Il y a deux ans, alors que je terminais une conférence s’adressant à des couples, je racontai, comme j’ai coutume de le faire, une histoire en guise de cadeau d’adieu. A ma grande surprise, cette fois, quelqu’un dans l’assistance se leva, proposant de m’offrir une histoire. J’écris à présent ce conte que j’aime tant à la mémoire de mon ami Rabon.

C’EST L’HISTOIRE d’un homme que je définirais comme un chercheur…
Un chercheur est quelqu’un qui cherche, pas forcément quelqu’un qui trouve.
Ce n’est pas non plus quelqu’un qui nécessairement, sait ce qu’il cherche. C’est simplement quelqu’un dont la vie est une quête.
Un jour, ce chercheur eut le sentiment qu’il devait se rendre à la ville de Kammir. Il avait appris à tenir rigoureusement compte de ces sensations qui venaient d’un endroit inconnu de lui-même. Aussi, il quitta tout et partit.
Au bout de deux jours de marche sur les chemins poudreux, il aperçut au loin Kammir. Un peu avant d’arriver à la ville, une colline à droite du sentier attira vivement son attention. Merveilleusement verte, elle était couverte d’arbres, de fleurs, d’oiseaux enchanteurs, et entièrement entourée d’une sorte de petite palissade en bois verni.
Un portillon en bronze l’invitait à enter.
Il eut tout à coup l’impression d’oublier la ville et succomba à la tentation de se reposer un moment en ce lieu.
Le chercheur franchit le portillon et avança lentement entre les pierres blanches, qui semblaient éparpillées un peu au hasard, entre les arbres.
Il laissa ses yeux se poser comme des papillons sur chaque détail de ce paradis multicolore.
Ses yeux étaient ceux d’un chercheur et sans doute pour cette raison, il découvrit cette inscription sur l’une des pierres :

 

Abdul Tareg, vécut 8 ans
6 mois 2 semaines et 3 jours

 

Il eut un léger sursaut en prenant conscience que cette pierre n’était pas une pierre ordinaire : il s’agissait d’une pierre tombale.
Il éprouva une peine immense à la pensée qu’un si jeune enfant était enterré là.
Regardant autour de lui, l’homme se rendit compte que la pierre d’à côté portait également une inscription. Il s’approcha pour la lire :

 

Yamir Kalib, vécut 5 ans,
8 mois et 3 semaines


Le chercheur se sentit envahi d’une terrible émotion.
Cet endroit merveilleux était un cimetière, et chacune des pierres, une tombe.
Une à une, il entreprit de lire les pierres tombales.
Toutes portaient des inscriptions semblables : un nom et la durée de vie exacte du défunt.
Mas ce qui le plongea dans l’épouvante, ce fut de constater que celui qui avait vécu le plus longtemps avait à peine plus de onze ans.. Accablé par un effroyable chagrin, il s’assit et se mit à pleurer.
Passant par là, le gardien du cimetière approcha.
Il le regarda un moment en silence, puis lui demanda s’il pleurait un membre de sa famille.
« Non aucun parent, dit le chercheur. Que se passe-t-il avec cette population ? Quelle chose si terrible y a-t-il dans cette ville ? Pourquoi tant d’enfants défunts enterrés en ce lieu ? Quelle est l’horrible malédiction qui pèse sur ces gens et les a obligés à construire un cimetière d’enfants ?!!! »
Le vieil homme sourit et dit :
« Calmez-vous. Il n’y a aucune malédiction. Ce qui se passe, c’est que nous avons ici une vieille coutume. Je vais vous raconter…
Lorsqu’un adolescent entre en sa quinzième année, ses parents lui font présent d’un carnet comme celui que j’ai ici, pendu à mon cou. Il est de tradition chez nous, à partir de ce moment, que chaque fois qu’on jouit intensément de quelque chose , on ouvre le carnet et on note dedans :

à gauche, ce qui a donné la joie…
à droite, combien de temps a duré cette joie.

 

Il a rencontré sa fiancée, il en est tombé amoureux. Combien de temps a duré cette immense passion et le plaisir de la connaître ? Une semaine, deux, trois semaines et demie ?…
Et ensuite… l’émotion du premier baiser, le merveilleux plaisir du premier baiser, combien de temps a-t-il duré ? La minute et demie du baiser, deux jours, une semaine ?
Et la grossesse de sa femme, la naissance de son premier enfant ?
Et le mariage de ses amis ?
Et les retrouvailles avec le frère rentré d’un pays lointain ?
Combien de temps a duré la joie donnée par ces situations ?
Des heures, des jours ?…

Ainsi notons-nous peu à peu, dans ce carnet chaque moment dont nous jouissons… chaque moment.
Lorsque quelqu’un meurt,
nous avons coutume d’ouvrir son carnet
et de faire la somme des moments de joie
Pour l’inscrire sur sa tombe.
Parce que, pour nous, ce temps
Est le seul et véritable temps VECU.



Les enfants étaient seuls

 

Leur mère était partie de bon matin et elle les avait confiés à la garde de Marina, une jeune fille de dix-huit ans qu’elle engageait parfois quelques heures pour les garder en échange de menus gages.
Depuis la mort du père, les temps étaient devenus trop durs pour risquer de perdre son travail chaque fois que la grand-mère tombait malade ou s’absentait de la ville.
Lorsque le petit ami de la jeune fille appela Marina pour l’inviter faire une promenade dans sa voiture neuve, elle n’hésita pas longtemps. Après tout, les enfants dormaient comme tous les après-midi, et ils ne se réveilleraient pas avant cinq heures.
Dès qu’elle entendit le Klaxon, elle attrapa son sac et décrocha le téléphone. Elle prit la précaution de fermer la porte de la chambre et mis la clé dans sa poche. Elle ne voulait pas prendre le risque que Pancho se réveille et descende l’escalier à sa recherche : il n’avait que six ans et, dans un moment d’inattention, il pourrait tomber et se blesser. De plus, pensa-t-elle, si cela arrivait, comment expliquerait-elle à sa mère que l’enfant ne l’ait pas trouvée ?
Ce fut peut-être un court-circuit dans le téléviseur allumé ou dans une lampe du salon, ou alors une étincelle dans la cheminée ; toujours est-il que lorsque les rideaux commencèrent à brûler, le feu atteignit rapidement l’escalier de bois qui conduisait aux chambres.
La toux du bébé, causée par la fumée qui s’infiltrait sous la porte, le réveilla. Sans réfléchir, Pancho sauta du lit et se débattit avec la poignée pour ouvrir la porte, mais il n’y parvint pas.
De toute façon, s’il y était arrivé, lui et son petit frère de quelques mois auraient été dévorés en quelques minutes par les flammes.
Pancho cria, appelant Marina, mais personne ne répondit à ses appels au secours. Aussi courut-il vers le téléphone qui était dans la chambre (il savait composer le numéro de sa mère), mais la ligne était coupée.
Pancho comprit qu’il devait sortir son petit frère de là. Il essaya d’ouvrir la fenêtre qui donnait sur la corniche, mais il était impossible à ses petites mains de dégager le loquet de sécurité et, même s’il y était arrivé, il lui aurait encore fallu détacher le grillage que ses parents avaient installé en guise de protection.

Lorsque les pompiers finirent d’éteindre l’incendie, le sujet de conversation de tous était le même :
Comment cet enfant si jeune avait-il pu briser la vitre, puis faire sauter le grillage avec le portemanteau ?
Comment avait-il pu porter le bébé dans un sac à dos ?
Comment avait-il pu marcher sur la corniche avec un tel poids et se laisser glisser le long de l’arbre ?
Comment avait-il pu sauver sa vie et celle de son frère ?

Le vieux capitaine des pompiers, homme sage et respecté, leur donna la réponse :
« Pancho était seul… Il n’y avait personne pour lui dire qu’il n’y arriverait jamais. »


La tristesse et la furie

                                                                                                                                                      Dans un royaume enchanté où les hommes n’ont jamais accès, à moins qu’ils ne s’y promènent éternellement sans s’en rendre compte…
Dans un royaume magique où les choses tangibles deviennent concrètes…
il était une fois…
un lac merveilleux.

C’était un lac d’au cristalline et pure, où nageaient des poissons de toutes les couleurs existantes et où toutes les tonalités du vert se reflétaient en permanence…
De ce lac magique et transparent s’approchèrent la tristesse et la furie pour s’y baigner en se tenant compagnie.
Toutes deux ôtèrent leurs vêtements et, nues toutes deux, entrèrent dans le lac.
La furie, pressée (comme l’est toujours la furie), impatiente- sans savoir pourquoi -, se baigna rapidement et plus rapidement encore, sortit de l’eau…
Mais la furie est aveugle ou, du moins elle ne distingue pas clairement la réalité. Aussi, nue et pressée,, elle enfila, en sortant, le premier vêtement qui lui tomba sous la main…
Et voilà que ce vêtement n’était pas le sien, mais celui de la tristesse….
Ainsi vêtue de tristesse, la furie s’en alla.

Très calme, très sereine, disposée, comme toujours, à rester à l’endroit où elle se trouvait, la tristesse termina son bain et, sans aucune hâte – ou, plutôt, n’ayant pas conscience du temps qui passait -, avec paresse, lentement, elle sortit du lac.
Sur la rive, elle découvrit que ses vêtements n’étaient plus là.
Comme nous le savons tous, s’il y a quelque chose que la tristesse déteste, c’est de rester à nu. Aussi se couvrit-elle du seul vêtement qui se trouvait près du lac : celui de la furie.

On raconte que, depuis, il est fréquent que l’on rencontre la furie, aveugle, cruelle, terrible, furibonde. Mais si on prend le temps de bien regarder, on découvre que cette furie que l’on voit n’est qu’un déguisement, et que derrière le déguisement de la furie, en réalité… se cache la tristesse..


Le Bouquet de Jacques Prévert

le 16/03/2006 à 17h08

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LE BOUQUET


de Jacques Prévert (Paroles)